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Nature En Images

Blog photo nature de Picardie et d'Ailleurs: macro, flore, insectes, faune, Ornithologie, paysages, articles et technique photo. Blog élaboré par Miguel Cunha, photographe animalier amateur dans l'Oise.

En 40 ans, la moitié des animaux sauvages a disparu

Publié le 30 Septembre 2014 par Miguel dans Articles

Bilan glaçant dévoilé par l'ONG WWF: entre 1970 et 2010, l'indice Planète Vivante a chuté de 52%, mesure sur 3038 espèces ( mammifères, poissons, oiseaux, reptiles et amphibiens ).

Un constat particulièrement sombre qui s'explique par la perte et la dégradation des habitats dus à l'agriculture intensive.

La planète est malade, et sa guérison semble de plus en plus incertaine. La pression exercée par l'humanité sur les écosystèmes est telle qu'il nous faut chaque année l'équivalent d'une Terre et demie pour satisfaire nos besoins en ressources naturelles, tandis que le déclin de la biodiversité est sans précédent. Ce sont les conclusions alarmantes du Fonds pour la nature (WWF), dans la dixième édition de son rapport Planète vivante, le bilan de santé le plus complet de la Terre.

L'HUMANITÉ CONSOMME 1,5 TERRE

Second indice du rapport, l'empreinte écologique mesure la pression qu'exerce l'homme sur la nature. Elle calcule précisément les surfaces terrestres et maritimes nécessaires pour produire chaque année les biens et services que nous consommons (nourriture, combustibles, espace pour les constructions, etc) et absorber les déchets que nous générons.

Selon le WWF, l'empreinte écologique de l'humanité atteignait 18,1 milliards d'hectares globaux (hag, hectares de productivité moyenne) en 2010, soit 2,6 hag par personne. Le problème, c'est que cette empreinte mondiale, qui a doublé depuis les années 1960, excède de 50 % la biocapacité de la planète, c'est-à-dire sa faculté à régénérer les ressources naturelles et absorber le CO2, qui elle, s'élevait à 12 milliards de hag (1,7 hag par personne). Au final, en 2010, l'humanité a utilisé l'équivalent d'une planète et demie pour vivre, et a donc entamé son « capital naturel ». La moitié de cette surconsommation est imputable aux émissions de CO2 (53 %), en grande partie dus aux combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel).

Ce « dépassement », où ce jour à partir duquel l'humanité vit à crédit – qui intervient de plus en plus tôt dans l'année – est possible car nous coupons des arbres à un rythme supérieur à celui de leur croissance, nous prélevons plus de poissons dans les océans qu'il n'en naît chaque année, et nous rejetons davantage de carbone dans l'atmosphère que les forêts et les océans ne peuvent en absorber. Conséquence : les stocks de ressources s'appauvrissent et les déchets s'accumulent plus vite qu'ils ne peuvent être absorbés ou recyclés, comme en témoigne l'élévation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère.

Quels pays exercent la plus grande pression sur les écosystèmes ? Ce sont ceux qui émettent le plus de CO2 : la Chine, les Etats-Unis, l'Inde, le Brésil et la Russie. A eux cinq, ils pèsent près de la moitié de l'empreinte écologique mondiale.

Ramené par habitant, cet indice donne un classement très différent. Cette fois, ce sont les pays aux revenus les plus élevés qui sont les plus fautifs. Ainsi, l'empreinte écologique record par tête est détenue par le Koweït (10,5 hag par habitant, soit 6 fois ce que la Terre peut produire), suivi du Qatar, des Emirats arabes unis, du Danemark et de la Belgique, qui se situent autour de 8 hag par habitant. La France se classe à la 23e position, avec 4,5 hag, soit bien plus que la moyenne mondiale (2,6) ou que la biocapacité de la Terre (1,7). L'Afghanistan, Haïti, l'Erythrée, la Palestine et le Timor oriental possèdent quant à eux l'empreinte la plus faible, avec environ 0,4 hag par habitant.

TROP D'EAU CONSOMMÉE

Enfin, le troisième indice du rapport Planète vivante, l'empreinte eau permet de saisir l'ampleur des volumes d'eau douce (prélevée dans les lacs, rivières, réservoirs et aquifères) et d'eau de pluie nécessaires à nos modes de vie. La production agricole engloutit 92 % de l'empreinte eau globale, devant la production industrielle (4,4 %) et les usages domestiques (3,6 %).

Si l'Inde et la Chine sont en tête (avec les Etats-Unis) des pays ayant la plus forte empreinte eau, c'est qu'elles exportent massivement des biens intensifs en eau, qu'ils soient agricoles ou industriels, à destination des pays développés. Ce qui augmente les pressions sur des zones fragiles souvent dépourvues de politiques de conservation de cette ressource rare. Aujourd'hui, plus d'un tiers de la population mondiale, soit environ 2,7 milliards de personnes, vit dans des bassins fluviaux connaissant une grave pénurie d'eau pendant au moins un mois par an.

Cette tendance devrait aller en s'aggravant avec l'augmentation de la population, qui a déjà presque triplé depuis 1950, pour atteindre 7 milliards en 2011, et devrait encore croître à 9,6 milliards en 2050 et 11 milliards en 2100. « L'humanité peut réussir à décorréler son développement de son empreinte écologique, assure Philippe Germa, directeur général du WWF France. Il faut pour cela préserver le capital naturel, notamment en arrêtant de surexploiter les stocks halieutiques, produire mieux, avec moins d'intrants et de déchets et plus d'énergies renouvelables, et réorienter les flux financiers, en prenant en compte les coûts environnementaux et sociaux. »

Source Le Monde Planète

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